

[Vincent Touraine]
BFM Bourse, valeurs ajoutées. Et la valeur ajoutée du jour, c'est avec Benjamin Sacchet. Bonjour Benjamin.
Vous êtes directeur associé chez Avant-Garde Family Office. Aujourd'hui, vous avez choisi de nous parler d'Orange, l'opérateur télécom historique.
Grand classique Orange, dites-moi.
[Benjamin Sacchet]
Absolument. Donc aujourd'hui, on parle de la marque non pas à la pomme, mais à l'orange. Pour changer.
Mais il faut parler d'un peu autre chose que les GAFAM. Donc Orange, effectivement, donc 270 millions de clients, 26 pays. Mais ce qui nous intéresse surtout, c'est qu'on est sur une société qui est dans un secteur qui est acyclique.
On a toujours besoin de son forfait Internet, de son Internet. On a besoin de son cloud. On a besoin de cybersécurité.
Même si c'est la crise, finalement. Deuxième élément et un de ses atouts principaux, c'est qu'ils sont propriétaires de leurs infrastructures, notamment la fibre et les réseaux mobiles. Et ça, pour nous, ça offre un avantage compétitif certain et une réduction aussi des coûts, donc plus de marge.
[Vincent Touraine]
Alors, dans ce secteur, on a vu de grands noms sortir de la cote, comme Iliad, la maison mère de Free, Altice, maison mère de SFR. Est-ce que ça donne une certaine indication sur ce que vaut Orange ?
[Benjamin Sacchet]
Alors, absolument, ça donne des très bons référentiels, même s'ils sont, selon nous, un petit peu biaisés. Car ça a été sorti par les propriétaires, justement, qui ont fait des retraits de cote. Donc, on a probablement été un petit peu conservateurs sur les prix des offres.
Quand je dis « on », c'est évidemment Xavier Niel et Patrick Drahi. Mais 8 fois l'EBITDA, ça semble un bon référentiel. Donc, c'est assez facile d'avoir un prix référentiel d'Orange.
Il faut évidemment retraiter de la dette, de la spécificité, des spécificités d'Orange. Mais nous, on a un objectif aujourd'hui qui est à 13 euros, relativement conservateur. Le changement de gouvernance, la stratégie du groupe depuis quelques années, pourrait, en tout cas selon nous, commencer à faire apparaître une partie de cette valeur.
[Vincent Touraine]
Alors, on l'entend régulièrement parler dans l'actualité, parce qu'on parle beaucoup d'Elon Musk, bien entendu, de Starlink. Est-ce que c'est une menace pour un opérateur comme Orange, et comme les autres, d'ailleurs ?
[Benjamin Sacchet]
C'est vrai qu'on en parle beaucoup. Le service Internet par satellite d'Elon Musk, ça a suscité quelques inquiétudes de disruption. Cependant, il y a plusieurs éléments techniques qui permettent de relativiser cette menace.
Je vais en citer surtout un seul, puisqu'en fait, il est peu probable, selon nous, que Starlink puisse concurrencer Orange dans des zones densément peuplées. En effet aujourd'hui, il y a la fibre optique et la 5G, qui restent des technologies qui sont bien plus adaptées aux besoins des grandes agglomérations, qui offrent une meilleure capacité de transmission, une expérience utilisateur qui est aussi plus stable, puisque quand vous avez trop de personnes qui doivent se connecter en même temps à un satellite, ça peut un peu contraindre le satellite.
Alors des infrastructures physiques ont un avantage clé dans ces zones densément peuplées, ce qui n'est pas le cas dans des zones qui ne sont pas densément peuplées. Mais en tout cas, sur le gros des populations, pour l'instant, ce n'est pas trop un problème, en tout cas en l'état de la technologie actuelle.
[Vincent Touraine]
Un petit mot en conclusion. Donc à ce prix-là, je ne l'ai pas encore dit, mais 11,15 euros à peu près, au moment où on se parle. On achète, parce que vous visez les 13, c'est ça ?
[Benjamin Sacchet]
Exactement, on achète, objectif 13 euros, et c'est aussi un titre qu'on aime bien utiliser pour la partie produits structurés.
[Vincent Touraine]
Absolument, merci beaucoup, et puis c'est un bon dividende aussi, Orange. Merci beaucoup Benjamin Sacchet d'avoir été avec nous pour cette valeur ajoutée. Benjamin Sacchet, directeur associé chez Avant-Garde Family Office, qui nous parlait d'orange.
Autres news
